Article inspiré de Côté Maison

Savoir rénover un lieu atypique est vraiment un travail d’artiste.

Découvrons ensemble quelques points importants pour rénover un lieu atypique.

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1. Savoir regarder le lieu.

C’est ce que préconise l’architecte Didier Barray lorsque l’on se retrouve face à une bâtisse en marge des sentiers battus, un lieu atypique. « Il faut sentir la magie et le caractère qui peuvent s’en dégager afin de ne pas trahir le lieu par la suite. S’il est par essence un peu austère, à l’instar d’un ancien presbytère par exemple, il faut conserver cette austérité sans renoncer à ses futurs besoins : un nombre suffisant de chambres, une certaine organisation, une façon de circuler… Il faut se laisser guider par les contraintes inhérentes à ce lieu, se laisser faire par lui, pour mieux le respecter ensuite. » L’architecte rappelle l’importance de conserver tout ce qui est déjà « bien ordonnancé », notamment en façade, et de créer, le cas échéant, des ouvertures supplémentaires, « mais sans dénaturer l’existant ».

2. Fuir les effets de mode.

Didier Barray se méfie des tendances du moment. Celles qui donnent un ton, mais vieillissent mal ou trop vite. « Réaliser des ouvertures sur un pignon peut relever, aujourd’hui, de l’anachronisme. Or cela a beaucoup plu à certaines époques. » Sa ligne de conduite ? « Garder ce qui nous plaît et ce qui est beau, car chaque période a ses ouvrages de belle qualité. » Ainsi, pour sa part, n’a-t-il pas touché à la « façade ordonnée » du presbytère qu’il a réhabilité en Bourgogne. Autres « tentations » à éviter : l’utilisation de codes et de matériaux issus d’autres régions (vouloir faire du provençal en banlieue parisienne) ou d’éléments architecturaux appartenant à d’autres familles de bâtiment (oculus, marquises, etc.). Savoir s’entourer « Même si l’on veut tout faire soi-même, on aura besoin de dessins et donc du regard d’un architecte ou d’un ingénieur, au moins pour réaliser le relevé des façades », prévient Didier Barray. Pour ne pas se retrouver « hors sujet », mieux vaut solliciter un architecte qui a déjà eu ce type de mission. Internet, bouche à oreille, magazines, tout est bon. Par ailleurs, une fois l’homme de l’art choisi, encore faut-il être sur la même longueur d’ondes que la sienne, « être en confiance avec lui, créer une complicité », souligne l’architecte Christine de Buhan. Et ce d’autant que « nos clients sont ensuite nos meilleurs commerciaux », ajoute-t-elle.

3. Être patient.

« Lorsque l’on débute un chantier de réhabilitation d’un site un peu à part, il faut être conscient que l’on ne sait pas nécessairement où l’on va ! Au départ, on ne maîtrise pas grand-chose, voire rien du tout. C’est la loi du genre. Il ne faut pas être dans l’urgence. » L’architecte Ludovic Forest, installé depuis près de quatre ans, avec femme et enfants, dans un ancien doyenné tout proche de Cluny, ne sait toujours pas quand son chantier sera bouclé. « Les réajustements sont permanents. Le chantier évolue au rythme où grandissent les enfants : on n’a pas les mêmes besoins avec un bébé de 6 mois et une petite fille de 4 ans. » Il reconnaît en outre que ce n’est pas un travail en solitaire, mais plutôt « une aventure qui se vit en famille ». Ainsi, l’architecture a beau être son métier, il a suivi le conseil de sa femme, traductrice, et a commencé par réaliser l’extension habitable moderne avant de rénover la partie la plus ancienne.

4. Des agences spécialisées.

Tout d’abord, votre notaire peut avoir eu vent de quelques biens atypiques qui cherchent repreneurs. Ne négligez pas cette piste. Surtout hors de Paris. Ensuite, sachez qu’il existe des agences immobilières spécialisées. C’est le cas notamment d’Ateliers, Lofts & Associés, de Patrice Besse ou d’Espaces atypiques. Le premier couvre essentiellement la région parisienne, Bordeaux, Biarritz et Arcachon. Le deuxième, toute la France. Quant à l’agence Espaces atypiques, elle privilégie Paris mais aussi Marseille, où elle a posé ses valises au cœur même de la Cité radieuse imaginée par Le Corbusier. À tester, par ailleurs, le site acheter-une-peniche.com : il fonctionne comme un site immobilier, avec des photos, des descriptifs, des tarifs. Vous cliquez, naviguez (sur le site), choisissez le bateau qui vous inspire, prenez rendez-vous et visitez. Simplissime.

5. Échanger avec ceux qui ont déjà franchi le pas.

Autre moyen de trouver un lieu singulier : entrer en contact avec celles et ceux qui vivent déjà… autrement. C’est le cas, par exemple, avec l’Association de défense de l’habitat fluvial, excellent point de départ pour mieux comprendre la vie à bord d’une péniche, ses exigences, ses codes, ses règles, les bons plans pour la bonne affaire. Quant aux habitants de châteaux d’eau, ils se sont réunis en association . « Nous avons une vingtaine d’adhérents », confie Christine Boutron, elle-même domiciliée dans un château d’eau à Clichy-sous-Bois, en Seine-Saint-Denis, « à un quart d’heure à pied du RER. » Elle et son mari ont su que ce château d’eau était à vendre « en feuilletant un journal de petites annonces publicitaires de quartier ». Par hasard, donc. « On est venu le voir un vendredi. On a signé le samedi. » C’était en 1997. « Un vrai coup de cœur », poursuit-elle.

Pour des conseils plus spécifiques n’hésitez pas à contacter l’agence Arm&lie Design.
armelie.fr / cliquer ici pour nous contacter / 06 84 40 46 43
Architecte d’intérieur à Nantes : designer d’espace, décorateur et agenceur.