Article adapté de Côté Maison

Avec la hausse du prix de l’immobilier, les lieux hors norme à rénover attirent.

Anciennes écoles, usines, châteaux d’eau, boutiques, souplex… Découvrez les 5 pièges à éviter pour rénover .

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1. L’impossibilité d’en faire un lieu d’habitation

Attention : avant d’acquérir et de transformer un local industriel (un bureau, une usine, un atelier…) ou commercial (une boutique) en logement, assurez-vous que le changement d’affectation est possible. En effet, si vous pouvez sans problème aménager une grange désaffectée en maison de campagne, pas question de métamorphoser une ancienne crèmerie en maison sans autorisation administrative. En outre, prenez le temps de vérifier si votre projet est viable, à la fois auprès de la copropriété, de la commune – le plan local d’urbanisme (PLU) précise les règles d’urbanisme en vigueur – et du notaire, qui doit envoyer une demande d’intention d’aliéner (DIA) à la mairie, en vue de vérifier si elle a prévu, ou pas, d’exercer son droit de préemption. Certaines communes sont aujourd’hui réticentes à laisser les « bobos » transformer à tout-va d’anciennes usines en lofts, alors qu’elles cherchent du foncier pour construire des logements collectifs.

2. Vouloir tout rénover soi-même.

À moins d’être architecte d’intérieur, il est difficile d’imaginer sa future maison quand on visite un « espace atypique ». Faites-vous conseiller par un professionnel, avant même de signer le compromis si possible. L’architecte est presque incontournable surtout s’il faut toucher à la structure du bâtiment pour rénover. Non seulement il réalise des études de faisabilité, des plans d’exécution, et suit le chantier, mais c’est lui qui peut vous aider à vous décider. En effet, il imagine le futur aménagement de l’espace en fonction de vos besoins, trouve des astuces pour apporter de la lumière là où il n’y en a pas (souplex), fait la part des choses entre ce qui est envisageable et ce qui relève du fantasme. Il s’agit d’une véritable réhabilitation et non d’une simple rénovation. Cela a un prix, mais vous ne le regretterez pas. Après, si vous souhaitez mettre la main à la pâte pour le second œuvre et les finitions, libre à vous…

3. Les travaux hors de prix ou qui n’en finissent pas.

Dans le cas d’une réhabilitation, les travaux qui l’accompagnent sont souvent longs et de grande envergure. « Dans la plupart des cas, c’est le projet d’une vie », observe l’architecte Christine de Buhan. Aussi, mieux vaut se faire accompagner, guider et éviter le « pas cher » par souci d’économie, « car le résultat ne sera pas de bonne qualité », poursuit-elle. Là encore, l’architecte d’intérieur peut être utile, notamment quant à l’utilisation de matériaux que l’on ne connaît pas forcément (comme le contreplaqué marine par exemple). Les très grands volumes sont difficiles à chauffer, les verrières « d’atelier » sont pleines de charme, mais souvent en simple vitrage. Les ouvertures doivent être réalisées sur mesure et sont donc plus onéreuses. Cependant, ne perdez pas de vue que rénover peut se faire en plusieurs vagues. Notamment pour espacer les investissements financiers. Un conseil : privilégiez rénovation et décoration des pièces principales. Celles où vous devez vous sentir bien d’emblée, trouver vos marques, vous poser.

4. Un aménagement inadapté à votre mode de vie.

Gare aux idées chipées dans une boutique de déco ou chez des amis. Car elles ne sont pas nécessairement adaptées à votre habitation. Que l’espace soit très petit ou immense, mieux vaut réfléchir avant de commencer les travaux. La tour Chappe réhabilitée par Christine de Buhan ne dispose que de 27 m2. Pourtant, l’architecte d’intérieur peut y recevoir jusqu’à neuf personnes. « Tout a été dessiné spécialement, souligne-t-elle. Une des chambres est aménagée telle une cabine de bateau avec des rangements partout, un canapé se transforme en grand lit, un sauna sert à la fois de chambre et de lit… Le gain de place a été notre fil rouge : même le ballon d’eau chaude est de forme rectangulaire afin de gagner quelques centimètres. » Un vrai jeu de construction « qui a nécessité beaucoup de recherches, que ce soit en termes de matériaux ou d’astuces pour optimiser la petite surface. » Quant aux réhabilitations d’usines, d’ateliers, de granges, où les hauteurs sous plafond peuvent être élevées, là aussi mieux vaut être conseillé pour trouver la meilleure façon d’organiser l’espace. Le loft de rêve quand on est deux peut devenir cauchemar quand la famille s’agrandit et que chacun a besoin d’intimité.

5. Se retrouver isolé.

« Le car de ramassage scolaire passe dans le village voisin. Ensuite, les enfants n’ont que 5 minutes de route avant d’arriver à l’école. » Ludovic Forest a certes troqué la ville pour la campagne, mais il ne se sent pas isolé pour autant : « C’est juste une autre organisation. » Les familles qui investissent d’anciennes zones industrielles en banlieue se retrouvent parfois seules à peupler le quartier. Il faut prendre la voiture pour tout : aller à la boulangerie, à l’école, etc. Avant de se laisser tenter pour rénover un bien atypique, prenez soin de repérer le maillage de transports en commun et autres routes qui le desservent. À la fois en pensant à la facilité avec laquelle vous allez vous-même pouvoir vous déplacer, mais aussi en appréhendant cela comme un argument pour séduire, à terme, un potentiel acheteur. Par ailleurs, investir une habitation hors norme avec des enfants, c’est aussi leur expliquer qu’ils ne vivent pas forcément comme leurs camarades de classe. Grandir à bord d’une péniche amarrée sur la Seine, ce n’est pas comme habiter dans un quatre pièces. « Quand il était au collège, l’un de mes fils ne disait pas à ses amis qu’il vivait dans un château d’eau, raconte Christine Boutron. Il en était gêné. »

Pour des conseils plus spécifiques n’hésitez pas à contacter l’agence Arm&lie Design.
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Architecte d’intérieur à Nantes : designer d’espace, décorateur et agenceur.